
Il y a des phrases qui passent. Et puis il y a celles qui s’installent.
En 2001, je commence une thèse de doctorat en finance à l’UCL.
Si je prends un peu de recul aujourd’hui, je réalise à quel point ce choix était déjà, en soi, un pas de côté.
Mon parcours académique était profondément littéraire : licence en lettres classiques, agrégation pour enseigner le latin et le grec ancien…
Rien qui ne prédestinait, en apparence, à une thèse en finance.
Et pourtant, me voilà là.
Après trois années d’assistanat, je décide de présenter un concours pour obtenir une bourse qui financerait la suite de ma thèse.
Un concours exigeant, sélectif, avec peu de places.
Je m’y engage avec une détermination presque absolue.
Avec, en toile de fond, cette conviction très ancrée : je ne peux pas échouer.
Je travaille pendant des semaines.
J’étudie, je me prépare, je m’entraîne.
Je mets toute mon énergie dans cet objectif.
Le concours comporte deux épreuves : une écrite, très dense, et une orale, où chacun doit défendre son projet de recherche.
Et finalement, j’obtiens la bourse.
Je me souviens très précisément du lendemain.
Je suis dans mon bureau, mon directeur de thèse entre et me demande comment cela s’est passé.
Je lui annonce la nouvelle.
Et il me répond, avec un grand sourire :
« Ah, mais en voilà une bien bonne surprise. »
Sur le moment, quelque chose se fige en moi.
Parce que ce que j’entends, derrière cette phrase, ce n’est pas une joie partagée.
C’est :
“Je ne pensais pas que tu y arriverais.”
Et cette interprétation, vraie ou non, vient toucher quelque chose de très profond.
Pendant longtemps, cette phrase m’a accompagnée.
Comme une petite voix en arrière-plan.
Discrète, mais persistante.
Ce qui m’interpelle aujourd’hui, ce n’est pas tant la phrase en elle-même.
C’est l’impact qu’elle a eu sur moi.
Pourquoi celle-là, parmi tant d’autres, a-t-elle laissé une trace ?
Avec le temps, et notamment grâce à l’ennéagramme, j’ai commencé à mieux me comprendre.
Ma base 3 est profondément orientée vers la réussite, la reconnaissance, le fait d’être perçue comme compétente, fiable, à la hauteur.
J’y tiens. Peut-être plus que je ne l’admets parfois.
Alors, lorsque j’entends (ou que je crois entendre) que quelqu’un doute de moi, ce n’est pas une simple remarque.
C’est une atteinte directe à ce qui, intérieurement, me structure.
Comprendre cela a été un tournant.
Parce que ce n’est pas la phrase qui avait du pouvoir.
C’est l’endroit en moi qu’elle venait toucher.
Et c’est là que la confiance commence à se construire différemment.
Non pas en cherchant à éviter les remarques, les doutes ou les regards extérieurs — ils existeront toujours.
Mais en développant une connaissance plus fine de soi :
- Qu’est-ce qui me touche vraiment, et pourquoi ?
- Quelles sont les parties de moi qui cherchent à être validées, reconnues, admirées ?
- Et sur quoi est-ce que je peux m’appuyer, indépendamment du regard des autres ?
Avec le recul, cette phrase ne me définit plus.
Mais elle m’a appris quelque chose de précieux :
la confiance ne se renforce pas en contrôlant l’extérieur, mais en comprenant l’intérieur.
Et c’est peut-être là que tout commence.
Très bientôt, nous ouvrirons une nouvelle cohorte de B. Confident.
Un espace que nous avons imaginé pour celles qui sentent que la confiance ne se joue pas uniquement à l’extérieur — dans ce que l’on accomplit ou dans la manière dont on est perçue — mais d’abord dans la relation que l’on entretient avec soi-même.
Nous commencerons par là :
mieux se connaître, comprendre ce qui nous touche, ce qui nous met en mouvement, ce qui parfois nous fragilise…
pour construire une confiance plus stable, plus ancrée, moins dépendante du regard extérieur.
Si ce texte résonne en toi, peut-être que le moment est venu d’explorer cela un peu plus en profondeur.
Nous serons ravies d’en parler avec toi.
Blisskiss
Arli